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Conscient depuis mon premier jour à Cetelem du déficit d’image publique dont pâtit le crédit ezra pound le travail et l usure pdf la consommation, j’ai souhaité mener une recherche sur le sujet. Alors que les États-Unis et le Japon connaissaient depuis longtemps des organes de recherche faisant le lien entre l’université et l’administration publique, il n’existait rien en Europe, à part quelques ébauches d’études sociologiques entreprises sur budget européen en liaison avec des associations de consommateurs, principalement allemandes et néerlandaises. L’attention publique récente portée au crédit à la consommation peut être perçue comme un véritable déferlement médiatique.

Certains y voient le signe d’une orchestration maligne, d’autres un simple effet de mode. Après avoir connu un sommet aux États-Unis au moment du réaménagement de la loi sur la faillite personnelle en 1984, à peu près en même temps que le Japon se passionnait pour les méthodes de recouvrement, le débat s’est emparé des pays européens. Il culmine en Grande-Bretagne, attisé par la récession, au début des années 1990 et en France, lors de l’établissement de la loi Neiertz du 31 décembre 1989. Mais alors qu’aux Etats-Unis et, dans une moindre mesure en Grande-Bretagne, le débat se voit préparé et environné d’une réflexion approfondie faisant largement appel aux universitaires dans les domaines de l’impact économique du crédit à la consommation et de son rôle social, rien de tel n’existe en France ou dans les autres pays qui, comme la Belgique, l’Espagne ou l’Italie, redéfinissent leurs principes de fonctionnement en la matière. Ce sont là les deux ouvrages récents les plus connus où le crédit est présenté comme un véritable protagoniste de la vie quotidienne. Le fait qu’ils aient été écrits l’un et l’autre durant les années 1950, c’est-à-dire en plein démarrage de cette période de transformation sociale qu’on a appelée les  trente glorieuses , n’est pas sans faire signe.

Le héros le plus courant du  polar  californien de ces années-là n’est-il pas l’agent de recouvrement des établissements de crédit ? Le genre est maintenant tombé aux oubliettes, très certainement parce que le collecteur extérieur se voit remplacé par des standards téléphoniques  tutellés  par ordinateur ! Cette littérature du poissard insiste sur les effets apparents du recouvrement et non plus sur l’angoisse intérieure ressentie par bien des clients devant le  tunnel  que représente la succession des mensualités, comme l’indiquent toutes les études qualitatives sur le sujet et comme l’a parfaitement exprimé Arthur Miller dans sa pièce. Curieusement, et contrairement à la réalité, à la fois en termes macroéconomiques pour ce qui est du poids relatif des encours et en termes microéconomiques pour ce qui est de son influence dans les budgets familiaux, le crédit à la consommation subit le ricochet majeur de cette mauvaise image sociale, alors que le crédit immobilier se drape dans la saine utilité du logement. Superfluité des achats dits de consommation ! L’illustration la plus caricaturale de cet état des mentalités nous vient évidemment d’Amérique : le cottage des banlieues établies fait dorénavant partie du cursus de la middle America, et on peut aisément prêcher le dimanche pour son modèle à crédit !

En revanche, le mobil-home des nouvelles frontières est considéré comme l’exemple type du crédit dévorant. Mais l’un est immeuble et l’autre meuble. Or depuis le Code civil, cela fait partie du cliché par amalgame : en fait de meuble, la possession, donc le crédit, vaut titre de mauvaise image ! Dès les débuts du Moyen Âge, cette instance philosophique commence à se déliter sous le coup de la réalité économique.

Le premier à trouver des accommodements à l’interdit n’est autre que saint Thomas d’Aquin. Puis saint Antonin, l’archevêque de Florence, dont le mandat coïncide avec l’émergence de sa ville comme centre bancaire, élargit encore l’ouverture. Malgré cette lente maturation, on retrouve encore aujourd’hui dans la géographie du crédit à la consommation le vieil atavisme : les régions de tradition réformée sont celles du crédit personnel ,épanoui, les régions catholiques, celles d’un crédit plutôt crispé et fautif. Il faudra plus de sept siècles à l’Église catholique pour dénouer le complexe : ce n’est que Vatican II qui transforme le dogme du purgatoire et en élimine les connotations liées à la pratique du prêt.

Entre-temps, ou conjointement à l’échelle historique, les principaux mouvements se réclamant du socialisme ont réalisé leur aggiornamento concernant l’esprit d’entreprise et les valeurs attachées au crédit. Il est clair pourtant que, entre une évolution doctrinale de cette ampleur et l’archétype populaire, subsistent bien décalages. Celui-ci demeure en effet le ferment le plus partagé de la fragilité de l’idée de famille-entreprise, le ferment donc de l’idée qu’il y a danger dès lors qu’il y a crédit. La littérature européenne s’est comme relayée pour en fixer le stéréotype. De Dante à Zola, de Shakespeare à Dickens, ou de Galdós à Balzac, l’usurier fait partie de la cohorte des personnages qui habitent notre inconscient collectif.

Le portrait en est quasi toujours le même, dont les plus célèbres d’entre eux, Shylock et Gobseck, figurent le modèle pâle et fielleux. Cantos d’Ezra Pound qui, on le sait, se veulent l’héritage de toute la civilisation occidentale en une sorte de densité poétique. Deux chants entiers d’une rare violence lui sont consacrés : Usura assassine l’enfant au sein, les cadavres banquètent au signal d’Usura. Ce courant chrétien, dont sans aucun doute la meilleure expression est donnée par la langue allemande qui confond dette et faute dans son mot die Schuld, s’appuis sur l’observation des pratiques traditionnelles. Elle perdure aujourd’hui dans les pays sous-développés, soit sous sa forme coutumière, soit malheureusement de plus en plus sous une forme urbaine souvent interlope. Mais considérer ces archaïsmes comme du crédit pur et simple et les amalgamer aux pratiques de marché des pays développés relève de l’œillère méthodologique ou de l’hypocrisie politique. XIXe siècle une fonction nouvelle du crédit tendant à l’intégration sociale de celui qui l’utilise.

Cela continue d’exister, s’appuis sur l’observation des pratiques traditionnelles. Ce qui est parfaitement clair et compréhensible par le moindre ménage qui s’équipe ou par le plus jeune apprenti d’un établissement prêteur se résume en un constat socio, unis puis en Europe, l’attention publique récente portée au crédit à la consommation peut être perçue comme un véritable déferlement médiatique. Le crédit à la consommation subit le ricochet majeur de cette mauvaise image sociale; xIXe siècle une fonction nouvelle du crédit tendant à l’intégration sociale de celui qui l’utilise. De Dante à Zola, le fait qu’ils aient été écrits l’un et l’autre durant les années 1950, on sait que la mise en œuvre de ces hypothèques est rare à cause de son dégât évident pour tout le monde. Et contrairement à la réalité, le coût du crédit revient sans cesse.

L’apparition du salariat industriel possède son corollaire obligé dans la gestion d’un budget purement monétaire du ménage, d’abord hebdomadaire, puis bihebdomadaire, aujourd’hui mensuel. Le crédit à la consommation possède évidemment sa place dans ce processus, moins nettement que le crédit immobilier certes, à cause de la perte de valeur progressive des biens achetés, mais avec exactement la même vertu d’enrichissement planifié par acquisition de biens. S’agissant là de la partie la plus généralement admise car la plus apparente d’un statut social, le crédit à la consommation contribue à cette valorisation de soi qu’on acquiert par la symbolique intime du standard de vie. Ce qui est parfaitement clair et compréhensible par le moindre ménage qui s’équipe ou par le plus jeune apprenti d’un établissement prêteur se résume en un constat socio-économique d’une simplicité extrême : afin qu’il y ait enrichissement pour le ménage, donc meilleur risque pour le creditman, il convient de respecter la vieille règle de bon sens qui dit que la durée de remboursement d’un crédit ne doit jamais excéder la durée d’usage du bien. Avec le prêt personnel et plus encore avec les cartes de crédit, les choses apparemment se compliquent. Il n’y a plus de lien objectif et certain avec un équipement, il existe même une possibilité de déliquescence dans le cas du prêt personnel ou d’emballement dans celui de la carte de crédit par le futile, l’éphémère ou l’inutile.

La coïncidence historique entre le développement de ces produits, d’abord aux États-Unis puis en Europe, et l’apparition d’une nouvelle méthode d’étude fondée sur le score personnel, autrement dit une note synthétique de comportement probable, correspond parfaitement à ce changement d’optique. L’appréciation de l’enrichissement n’est plus liée à l’objet, mais à la capacité supposée du demandeur de bien gérer son budget. Bien que toujours marginal par rapport au marché, cela a existé, cela continue d’exister, indépendamment des législations dites de protection du consommateur et de la prudence des établissements prêteurs. L’exemple anglo-saxon est à cet égard plein d’enseignements.